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Contre l’expulsion des Roms, Toulouse choisit la sédentarisation "humanitaire"

publié le 27 août 2010

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Contre la solution de l’expulsion, la municipalité socialiste de Toulouse prend le parti de l’insertion en payant pour des dizaines de Roms apparemment en situation irrégulière le terrain et l’électricité. "La ville veut agir de façon pragmatique", dit Claude Touchefeu, adjointe au maire de Toulouse en charge de la politique sociale, car "s’ils sont renvoyés en Roumanie, ils reviendront dans trois mois et ça ne résoudra pas le problème". Pour maîtriser la problématique, bien avant que la question n’enflamme les passions, la mairie de Pierre Cohen a opté pour l’accompagnement des Roms : 120 d’entre eux, membres d’une même communauté de Barbulesti, au nord-est de Bucarest, vivent à Purpan sur un terrain qu’ils occupaient déjà illégalement mais dont la municipalité paie depuis peu le loyer à un propriétaire privé. 50 autres ont pu poser leurs caravanes dans la zone verte de Sesquières sur le domaine communal. La mairie assure l’approvisionnement en électricité et prévoit d’installer l’eau et des toilettes sèches. "Plutôt qu’ils partent encore sur un autre terrain, on a fait le choix d’un accompagnement de type humanitaire", dit Mme Touchefeu. Un choix qui s’imposait d’autant plus que ces Roms sont arrivés à Toulouse en 2002 pour les plus anciens et que leurs enfants sont scolarisés à la maternelle et au collège. "Avant, ils se déplaçaient sur plusieurs terrains et il était difficile de les suivre. Maintenant on peut travailler avec les familles pour la scolarisation des enfants et assurer un suivi sanitaire avec la protection maternelle infantile", poursuit-elle. Elle se garde de se mêler à l’actuelle controverse politique, alors que 283 Roms doivent être expulsés de France jeudi et que le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux réaffirme la détermination gouvernementale à poursuivre les évacuations de camps illicites. "Je ne sais pas si le gouvernement s’est donné pour objectif d’expulser tous les Roms. Nous faisons simplement face à une situation qui n’a pas encore trouvé de bonne réponse en Europe", dit-elle. La préfecture de Haute-Garonne dit "comprendre la volonté de la ville de vouloir intégrer socialement" les Roms. "On ne cautionne pas mais on attend de voir", déclare la secrétaire général Françoise Souliman. Selon elle, "à partir du moment où ce campement est licite et où les gens ont la possibilité de s’insérer a minima (…) il n’y a pas d’évacuation prévue". Mais attention, souligne-t-elle, "s’ils mendient de façon agressive, ou avec des enfants, ou s’ils créent un trouble à l’ordre public nous appliquerons la loi au pied de la lettre". "Ces Roms ne mendient jamais avec les enfants et ne touchent aucune prestation sociale", tranche Yves Simonot, bénévole pour Médecins du monde (MDM). Pourtant, ils paraissent loin de satisfaire à l’exigence de ressources suffisantes pour rester en France. "Le fait que ce soit une commune, avec des services sociaux forts et réguliers, joue beaucoup", rassure-t-on à la préfecture. Monica, 30 ans, foulard noué autour de la tête accentuant ses yeux brillants, pratique la principale activité des femmes, le nettoyage des pare-brise ou la mendicité aux feux rouges. Elle tire une poignée de centimes de sa poche en faisant la moue. "Les gens donnent pas beaucoup", dit-elle dans un français approximatif. Elle explique dans un sourire le cache-cache avec la police qui les déloge des feux tricolores et, parfois, leur confisque leur raclette de nettoyage. Petre, 40 ans, dit, lui, "avoir de bonnes relations" avec une agence d’intérim car il est maçon. Les autres hommes du camp récupèrent de la ferraille ou travaillent au noir. Le prochain projet qui sera mis en oeuvre sur le campement, "est un chantier d’insertion par l’habitat", avance M. Simonot. 25 août 2010 (AFP - Laurent ABADIE)

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